Publier une vie sans oeuvre – Imitation

Posted on décembre 26, 2010

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Maurice Blanchot

Robert Walser a laissé un commentaire à mon post Paseo. Tout ceci est un jeu. J’ai souvent utilisé les Pastiches de Proust dans mes argumentations en faveur de la culture libre. Fêtes de noël en famille. Rien à signaler. Les vieux réflexes ne reviennent pas, mais la chaleur et le repos s’imposent au fil des jours. Je lis Doctor Pasavento. Depuis que je la vis lire cela, je lis Vila-Matas. La couverture du livre publié chez Anagrama « Emmanuel Bove et sa fille ». J’ai lu Le piège par hasard, en passant, sans m’en rendre compte, confondant son auteur avec Laurent Bove dont j’avais aimé un article. J’ai retrouvé Bove en image de fond du téléphone d’une personne aimée quelques mois plus tard. J’ai cherché Walser et j’ai trouvé Walser dans une librairie française. Walser est mort évidemment. C’est une autre personne, une personne qui s’identifie à lui, qui a aimé Paseo, promenade, l’une des spécialités de Walser. Je l’avais rencontrée il y a des années et je n’avais pu imaginer qu’elle deviendrait ce qu’elle est devenue, bien que je ne l’oubliai pas; quand nous nous revîmes nous nous reconnûmes dans un silence commun. Nous avons parlé de repos, nous aurions voulu nous taire. «  »Es lo íntimo que quiere hablar en mí » ». J’étais tombée par hasard sur les cours de Barthes au sujet du neutre qui m’ont accompagnés ces derniers mois. Depuis des années, par des hasards oubliés, Blanchot, puis récemment Bataille. En fait, il existe de nombreux autres indices qui ne sont pas des hasards qui sortiraient de ce cadre-ci. Et si ce n’est pas ainsi, ce n’est pas grave. Car ceci est un jeu. Il se peut que, depuis l’extérieur, j’échoue. Je désire effacer chaque mot au moment même où je le pose. Hier, j’ai soudainement compris sans regret que je n’étais pas écrivain. Ce que je répétais depuis des années sans preuve, mises à part quelques lignes éparses, s’est révélé, hier, impossible. Je serai peut-être l’écrivain qui se tait. Dans la chaleur du moins je me tais. Chez Vila-Matas l’on peut être l’écrivain qui se tait. «  »La obra escrita produce y demestrua el escritor, pero una vez hecha no da testimonio sino de su disolución, su desaparición, su defección y, para decirlo brutalmente, su muerte, de la que por otro lado nunca queda una constancia definitiva » ». Ceci est un jeu. La personne aimée m’aurait conduite à être enfin l’écrivain qui se tait.

Docteur Pasavento, Emmanuel Bove, Enrique Vila-Matas, Walser. Noël. Disparition, ou chaleur et silence. Proust, pour l’imitation. Et les autres Barthes, Blanchot, Bataille.

L’énumération ferait l’œuvre. Je laisserai aux soins de ces hommes-là la construction du récit et je me laisserai montrer, je passerai de l’un à l’autre en les laissant dire.

Dans le froid je suis folle et crie sur tous les toits. Il y a tant d’autres voix qui crient à la fois.

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