Dissimulation

Posted on juin 23, 2012

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Untitled

J’expérimente une douleur gênante mais qui n’est pas angoissante car elle n’est pas grave. Sans broncher, dans la rue je dois cependant la supporter. Le masque d’impassibilité que je porte est en complète contradiction avec ce que je me dis et ce que je ressens. Je n’en peux plus. Arriver, arriver, enfin m’asseoir. Cette douleur. Cette douleur. Au dehors, j’ai, tout au plus, un air buté. Au dedans, la douleur m’obsède. Je me demande et m’étonne d’une telle cohabitation et d’être la seule à la connaître. Je me demande si cela fait de moi une malade à la personnalité double. Cette dualité me semble à la fois naturelle et bien lourde à porter.

Assise à table, seule et mangeant, cette fois-ci ce n’est pas la même douleur qui me trouble. Il ne s’agit d’ailleurs pas de douleur. Une sensation d’irréalité bien connue m’assaille. Je continue pourtant de manger. Ici, je n’ai pas de témoin. Pouvant m’imaginer, je me vois continuer de manger. Au même instant, toujours seule et pour moi-même, dans le silence de la solitude, je ne cesse rien, ne dis rien, ne me dis rien, alors que je ressens une rapide sensation de vide.

Ne plus penser à sa vie, est-ce donc ne plus la vivre ? Ma vie m’est-elle extérieure ?

Je joue depuis des mois les règles données et ne me révèle que rarement devant des personnes choisies. Je ne m’adapte pas mais feins. Je ne me modèle pas mais n’enrage pas non plus. Je dissimule. Cela a dû commencer pourtant en toute bonne foi. Je m’étonne moi-même des faux messages que je suis capable de donner corps et âme. Rien ne trahit la trahison. Je ne me connaissais pas une telle résistance. C’est que je ne cherche pas à tromper mais à survivre.

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